LITTERATURE : Charles Nodier

De cet auteur français (1780-1844), j’aime déjà beaucoup la bio, telle qu’écrite ici, dans un style parfois radical… à lire en imaginant la voix de Pierre Desproges :

« Charles Nodier, fils d’un avocat, naît à Besançon le 29 avril 1780. Pendant la Révolution, il est éloigné de sa ville natale. Il y est revenu quand le coup d’état du 18 brumaire provoque sa colère jacobine : il prend position contre Bonaparte, ce qui lui vaudra, sous le Consulat, d’être un semi-proscrit, son ode, La Napoléone, lui valant même un mois de prison. Il écrit ses premiers romans, d’inspiration romantique. En 1806 il publie, dans un recueil de nouvelles, son premier récit fantastique, Une heure ou la Vision. Marié à la fille d’un juge chez lequel il trouve gîte et couvert lors des périodes de vaches maigres, secrétaire d’un érudit anglais, puis bibliothécaire dans une ville d’Illyrie, pays des vampires, il se passionne pour la philologie avant d’être chassé des Balkans par les Autrichiens. Il s’installe à Paris en 1813, collabore au Journal des débats, et connaît la notoriété avec un roman, Jean Sbogar (1818). En 1820, il signe, d’un pseudonyme, une pièce de théâtre, Le Vampire, et l’année suivante publie Smarra ou les Démons de la nuit, suivi d’Infernaliana (1822). ces récits d’épouvante lui attirent la sympathie, puis l’amitié des romantiques (dont, par gentillesse, il préface volontiers les oeuvres, sans craindre pour son propre renom) qui, lorsqu’il sera nommé, en 1824, bibliothécaire de l’Arsenal, viendront tenir chez lui un « cénacle » où l’on croisera Hugo, Gautier, Dumas, de Nerval… Après l’univers du fantastique, il explore celui des contes, et il doit une grande partie de sa notoriété à Jean-François les Bas-Bleus ou à La Fée aux Miettes… Son élection à l’Académie française en 1834 ne le guérit pas de sa méancolie existentielle; maladif, neurasthénique, malgré l’amitié de ses disciples, il meurt dans son fief de l’Arsenal le 27 janvier 1844.

Smarra ou les Démons de la nuit est le premier récit fantastique qui parle de goules, esprits et vampires autrement que dans les élucubrations des inquisiteurs et autres brûleurs de sorciers. Nodier, qui a débuté dans l’écriture en paraphrasant Goethe et les premiers romantiques, y a gardé un style ampoulé, très « kitsch » (ce style, alors, n’éxistait pas). »

in Histoires de vampires, ed. Maxi poche

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Extrait : les premières lignes de La Nonne sanglante, in Infernaliana. Kitsch ?  :

« Un revenant fréquentait le château de Lindemberg, de manière à le rendre inhabitable. Apaisé ensuite par un saint homme, il se réduisit à n’occuper qu’une chambre, qui était constamment fermée. Mais tous les cinq ans, le cinq de mai, à une heure précise du matin, le fantôme sortait de son asile.

C’était une religieuse couverte d’un voile, et vêtue d’une robe souillée de sang. »

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